Mesures ICO (pH, ORP) versus Mesures de l’électrolyseur

Lorsque vous équipez votre piscine d’un analyseur d’eau connecté ICO et d’un électrolyseur au sel, vous vous attendez naturellement à ce que les 2 appareils affichent les mêmes valeurs. Pourtant, il est tout à fait normal et extrêmement fréquent de constater des écarts de mesure entre ces deux appareils. Loin d’indiquer un dysfonctionnement, ces différences s’expliquent par le fait que ces deux équipements ne mesurent pas les mêmes choses, ni au même endroit, ni de la même manière. Comprendre ces mécanismes vous permettra de gérer votre eau sereinement, sans chercher une correspondance parfaite qui, physiquement, ne peut pas exister.

Des prises de mesures différentes entre ICO et l’électrolyseur

Lieux de la mesure différents

  • ICO mesure l’eau directement dans le bassin, là où la concentration est homogène et représentative de la zone de baignade.
  • L’électrolyseur mesure l’eau dans sa cellule de production ou sur la tuyauterie du local technique, en amont ou en aval immédiat de la cellule.

Différences technologiques sur les sondes

Sur la conception :

Qu’il s’agisse de la sonde de l’électrolyseur ou de celle d’ICO, le principe fondamental est strictement le même : mesurer une différence de potentiel électrique (en millivolts) entre une électrode de référence interne stable et l’électrode de mesure (or ou platine) en contact avec l’eau de la piscine.

L’or offre une meilleure inertie chimique et une plus grande stabilité de lecture dans ce milieu hautement conducteur que le platine.

Sur l’usage et le vieillissement des sondes

Les comportements des sondes divergent au quotidien
Même si un électrolyseur possède une sonde ORP technologiquement « similaire » (à base d’or ou de platine) à celle d’ICO, l’environnement dans lequel elles travaillent rend leurs mesures incomparables en instantané.

La sonde de l’électrolyseur vieillit plus vite, s’entarte plus facilement en raison de la proximité de la cellule et subit la pression hydraulique. C’est pourquoi, même avec deux sondes ORP de même nature, l’électrolyseur affichera presque toujours une valeur locale sur-estimée (liée à la production immédiate) là où ICO donnera la vraie mesure de confort de la zone de baignade.

CaractéristiquesSonde ORP d’un électrolyseur classiqueSonde ORP d’ICO (Ondilo)
Milieu de mesureEau en mouvement / sous pression et concentrée : sonde installée dans la tuyauterie du local technique (collier de prise en charge ou chambre d’analyse).Eau du bassin (statique/semi-dynamique) et diluée : sonde sur le ICO qui flotte à la surface de la piscine.
Matériau de contactSouvent du platine (sur les régulations standards d’entrée/milieu de gamme) ou de l’orPour les versions d’ICO Pool sel, le matériau de contact est en or
Exposition chimiqueExtrême : la sonde subit de plein fouet les vagues de chlore ultra-concentré et non stabilisé qui sortent de la cellule, ou les injections acides de pH moins si elle est mal placée.Faible : la sonde mesure l’eau que le baigneur ressent, après brassage, stabilisation et homogénéisation dans le bassin.
Perturbations électriquesÉlevées : Très sensible aux courants de fuite (courants vagabonds) générés par la cellule de l’électrolyseur à proximité immédiate dans les tubes.Faibles : ICO flotte de manière autonome, il est isolé électriquement du réseau de filtration de la maison

Fréquences et protocoles de calibrations différents

Dérive normale des mesures des sondes pH et ORP

Une sonde pH ou ORP vieillit et dérive naturellement avec le temps, le tartre et les agressions chimiques.

Si l’un des deux appareils dérive par manque d’étalonnage, l’écart de mesure va s’accentuer de manière critique.

L’électrolyseur et l’analyseur connecté n’ont pas forcément les mêmes protocoles ni la même fréquence d’étalonnage des sondes.

Fréquence d’étalonnage

  • L’application ICO  rappelle de calibrer les sondes de l’ICO en début de saison ou tous les 6 mois avec des solutions tampon certifiées et précises (pH 4, pH 7, ORP 470 mV).
  • À l’inverse, la sonde de l’électrolyseur est trop souvent oubliée dans le local technique ou calibrée grossièrement.

Protocole d’étalonnage

La manière dont les deux appareils valident et corrigent leurs mesures crée un décalage technique majeur.

  • Le protocole ICO (Précision et guidage pas-à-pas) : ICO bénéficie d’une procédure d’étalonnage extrêmement rigoureuse, entièrement pilotée par son application mobile. L’utilisateur est guidé dans l’utilisation de solutions étalon. Lors du processus, ICO mesure simultanément la température exacte du liquide pour corriger automatiquement la valeur cible théorique (compensation thermique). C’est une calibration logicielle de haute précision en plusieurs points qui réinitialise parfaitement la courbe de réponse de la sonde.
  • Le protocole de l’électrolyseur : Pour l’électrolyseur, l’étalonnage s’effectue dans le local technique, de façon souvent plus empirique et fastidieuse.
    • Les vieux électrolyseurs du marché proposent une calibration par « offset » (décalage manuel). L’utilisateur effectue une mesure dans le bassin à l’aide d’une bandelette ou d’un photomètre, puis vient modifier manuellement la valeur sur l’écran du boîtier pour l’aligner. Cette méthode intègre l’erreur humaine de lecture de la bandelette et se contente de décaler la mesure sans corriger la perte de sensibilité réelle de la sonde sur toute sa plage de mesure.
    • Sur les modèles de milieu et haut de gamme (avec écran LCD ou OLED), la calibration se fait via un assistant pas-à-pas. Le boîtier ou l’application affichent des instructions textuelles successives.  Les électrolyseurs modernes utilisent la CAT (Compensation Automatique de Température) grâce à une sonde de température plongée dans le circuit. Si l’appareil n’en a pas, il demande généralement à l’utilisateur de saisir manuellement la température de l’eau avant de lancer la calibration.

Autres facteurs clés expliquant les écarts

L’utilisation de chlore stabilisé

Si vous ajoutez des galets de chlore stabilisé (en remplacement temporaire ou en complément), la présence d’acide cyanurique (stabilisant) fait mathématiquement chuter l’ORP mesuré par ICO sans pour autant que l’eau soit insalubre.

Les variations physico-chimiques

La température de l’eau, le brassage (filtration active ou à l’arrêt), la salinité globale et les courants faibles résiduels font varier le potentiel Redox de façon asymétrique entre l’eau statique du bassin et l’eau dynamique des canalisations.

Zoom sur les écarts de mesure du pH : Pourquoi et comment ?

Bien que le pH soit censé être plus stable que l’ORP, des écarts sont également fréquents entre ICO et l’électrolyseur. Les écarts sur le pH peuvent être compris entre 0,2 et 0,4 et s’expliquent pour  2 raisons majeures :

Le dégazage et la production locale de soude

La cellule de l’électrolyse produit par réaction chimique de l’hydrogène gazeux et des ions hydroxyles, ce qui provoque une hausse très localisée et temporaire du pH à l’intérieur de la tuyauterie. L’électrolyseur mesure donc souvent un pH légèrement plus haut que celui du bassin global mesuré par ICO.

L’influence des courants de fuite

La cellule d’électrolyse envoie un courant électrique dans l’eau pour casser les molécules de sel. Si la piscine ne dispose pas d’une excellente mise à la terre de l’eau (Pool Terre / Pool Ground), ces courants faibles perturbent les composants électroniques de la sonde pH de l’électrolyseur, faussant sa lecture par rapport à celle d’ICO qui flotte librement dans le bassin, isolé de ces courants de canalisation.

Zoom sur les écarts de mesure de l’ORP

Pour l’ORP, l’écart de mesures peut s’avérer plus spectaculaire. Il oscille très fréquemment entre 50 mV et 150 mV, et peut parfois atteindre 200 mV.

  • Dans la cellule (Électrolyseur) : Le chlore vient tout juste d’être produit sous forme d’hypochlorite hautement oxydant. La concentration y est temporairement extrême et non représentative du bassin. De plus, ce chlore est non stabilisé et ultra-réactif, ce qui fait bondir localement le potentiel ORP (souvent au-dessus de 750 à 800 mV).
  • Dans le bassin (ICO) : Dès que ce chlore se diffuse, il se dilue et réagit avec les matières organiques ou le stabilisant. L’ORP se stabilise alors à sa valeur réelle (souvent entre 600 et 700 mV). C’est cette valeur mesurée par ICO qui valide la capacité de désinfection globale de votre eau de baignade.

Que faire si l’ORP d’ICO descend sous les 600 mV ?

Si le seuil minimal par défaut de l’application (650 mV) n’est pas atteint, ICO vous enverra régulièrement une notification. Deux solutions s’offrent à vous:

  • Augmenter la désinfection : En augmentant le temps de filtration ou la puissance de production de l’électrolyseur.
  • Ajuster vos objectifs : Si votre eau est visuellement parfaite et saine, vous pouvez abaisser le seuil minimum dans l’application via la page Personnaliser les unités de mesure et valeurs cibles de ICO.

Conclusion : Quelle est la bonne méthode à adopter s’il y a des écarts de mesure entre ICO et l’électrolyseur ?

Faut-il arrêter de comparer ?

La réponse est oui. Chercher une stricte égalité numérique entre votre analyseur connecté et votre régulateur/électrolyseur est une erreur méthodologique.

Quelle est la bonne approche ?

La bonne approche consiste à regarder les tendances.

  • Utilisez l’électrolyseur comme l’outil de production automatisé (le moteur).
  • Utilisez ICO comme l’outil d’analyse (le tableau de bord de la piscine).

Sous réserve que vos calibrations pH et ORP soient correctes et récentes, vous pouvez vous fier aux mesures d’ICO. Tant que les courbes de votre application restent stables et dans les zones de confort, votre eau est équilibrée et protégée, peu importent les données instantanées affichées dans votre local technique.

En cas de doute persistant, validez ponctuellement vos paramètres à l’aide de bandelettes colorimétriques (flacon neuf ou moins de 6 mois) ou un testeur électronique calibré récemment.

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